Si techniquement elle est au point, elle ne se vend pas, constatent les élus du Département. Le très haut débit est pourtant déployé dans près de 100 communes du Calvados.

« On voit beaucoup de prises construites mais la commercialisation est quand même très faible. Comment peut-on aider la société à commercialiser ? » Christian Piélot (PS-Troarn) a lancé l’appel en pleine séance budgétaire, hier après-midi, au siège du conseil départemental, à Caen. Depuis septembre, la société Tutor est chargée par le Département de déployer le très haut débit via la fibre dans la quasi-totalité du Calvados (l’agglomération caennaise et Cœur Côte fleurie ne sont pas concernés). Le déploiement se déroule bien, « les 900 km de linéaire de réseau de collecte sont réalisés à 90 % », détaille Olivier Colin (3e vice-président, Cabourg), l’ensemble sera achevé dans quelques semaines. L’objectif est de rendre raccordables au réseau, d’ici mi-2017, 190 000 prises dans 288 communes.

Manque de notoriété de l’opérateur

« A ce jour, nous avons validé 100 000 prises, détaille encore Olivier Colin. 40 000 prises ont été construites. » Mais seulement 600 prises ont été vendues. « Nous avons organisé des réunions publiques dans les communes concernées, il y a du monde mais les habitants n’achètent pas. » L’absence de notoriété de l’opérateur, Coriolis, même s’il est adossé à Canal + , est une des raisons. JeanLéonce Dupont, président du conseil départemental, en voit une autre : « Nous avons aussi des opérateurs historiques, comme une certaine couleur que je n’ai pas envie de citer, qui ne jouent pas le jeu. Bien au contraire. Ils n’ont pas apprécié que nous ne les ayons pas attendus et que le coût financier et technique soit moins cher. » Et pourtant, ça marche. « Je connais quelqu’un qui travaille chez SFR et qui habite autour d’Houlgate, il a essayé et il n’a pas de souci. » Avec un abonnement mensuel à 40 € pour Internet, téléphone, TV haute définition et Canalsat , le prix ne peut pas être mis en cause non plus. « Nous allons poursuivre la communication et la publicité pour montrer que c’est opérationnel. » Motif d’espoir, les communes qui ne sont pas encore équipées s’impatientent. « Oui, mais c’est comme les bus, conclut Christian Piélot. Tout le monde en veut un dans sa commune mais quand il est arrivé, personne ne le prend jamais. »

Jean-Luc LOURY.

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