Quelques réflexions après le débat du 19 avril 2016

Tout d’abord, il faut noter la présence exceptionnelle à cette table ronde de personnes qui d’habitude s’ignorent ou plutôt s’opposent sur le terrain politique. Preuve que le sujet est d’importance et qu’il devient très sensible notamment à un an des nouveaux enjeux électoraux. A noter aussi que les interlocuteurs ont su rester à un niveau d’échange au minimum d’écoute voire constructif sans entrer sur le terrain partisan.

Premier constat qui fait quasiment l’unanimité : le R.I.P a été pensé à l’envers.
Pour Mme ATTARD, le RIP du Département du Calvados ne fera qu’accentuer la fracture numérique au profit des mieux lotis déjà actuellement. Des solutions doivent être trouvées pour réduire cet état de fait actuel. Pour le Conseil Départemental, M. PIELOT (PS), M. NOUVELOT (LR) reconnaissent que le RIP ne fonctionne pas vraiment en terme de vente mais que les décisions sont prises, on ne peut plus revenir sur le passé et il convient maintenant d’accélérer le déploiement. Comment ? On n’a pas eu de réponses mais un engagement de faire pour le mieux ! Leurs interventions seront systématiques au niveau de l’assemblée départementale. Pour M. LAFARGUE (DGS du CD14) le constat est le même. La progression d’usagers qui se connectent sur le réseau va en s’accélérant mais le chiffre actuel de 4% de vente n’a pas été démenti. Du coup, les retards s’accumulent.

On a eu confirmation plusieurs fois qu’une intercommunalité pouvait s’emparer du sujet et donc du projet ; ce n’est qu’une question de volonté. Dans tous les cas, elle ne pourra pas agir seule.
Pour M. BAYART, notre intervenant, le R.I.P a bien été pensé à l’envers. Comme c’est le cas un peu partout en France. C’est-à-dire que l’on n’a pas fait l’étude des besoins réels, dont ceux qui étaient déjà en demande (secteur rural, secteurs non couverts ou mal couverts par l’ADSL ou le téléphone) mais que l’on a déployé le réseau en priorité vers les zones denses qui sont déjà bien pourvues. M. BAYART, par ses propos, se reconnaît complétement dans la présentation que nous avons faite en début de réunion.

M. BAILLEUL, Maire de CROUAY, a bien représenté l’ensemble des collectivités qui sont en difficulté et que l’on qualifie d’oubliées. Nous avons pu constater tout au long des questions dans la salle que le problème était partagé par un grand nombre de collectivités mais qu’aucune union, jusqu’à présent, ne s’est faite. Chacun a pu avoir les mêmes réponses très administratives ou technocratiques de la part du Conseil Départemental. Mêmes réponses et mêmes non solutions.
Deuxième constat qui fait aussi l’unanimité, pas de plan cohérent d’information sur le sujet de la fibre. Les mairies n’ont pas été interpellées avant pour faire un état des lieux des demandes et des priorités. Les usagers et les communes sont contactés au moment de la vente par des opérateurs tels que Coriolis. Mais il aurait fallu faire une promotion de la fibre en tant qu’usage nouveau et indispensable pour le développement territorial. La fibre s’affiche partout sur nos écrans mais aucun plan de communication n’a averti de la durée du plan de développement sur vingt ans. On a créé des usagers frustrés qui ne comprennent pas et à juste titre puisque le plan de déploiement est lui-même illogique.

 

Qu’avons-nous appris ?

 

La présentation faite en début de réunion a été saluée et validée dans son ensemble. Ce qui veut dire que toutes nos affirmations et craintes sont avérées. Seule la question du cuivre qui doit disparaître à court terme pose question d’interprétation sur sa durée de vie.
Personne n’a d’ailleurs répondu à la question de l’entretien des lignes cuivre quand Orange ne s’en occupera plus. Il est à craindre que cela relèvera directement des communes qui ne seront pas fibrées.

Le plan de développement du RIP a pris énormément de retard et les dates 2025 / 2031 deviennent une réalité pour bon nombre de communes. On ne voit pas comment TUTOR peut s’en sortir dans ces conditions sans le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignation qui ne pourra qu’abonder les déficits à venir. (puits sans fond !)

L’étude de faisabilité de la zone 2 n’a pas été engagée. L’année 2017 devrait permettre d’y voir plus clair. On nous avait annoncé 2015 en 2014 et 2016 en 2015 !!

On a appris aussi de notre intervenant, M. BAYART, que les solutions alternatives tel le hertzien peuvent être très bonnes. Malheureusement, encore pour le Calvados, la société Ozone ne répond pas aux enjeux de territoire et seuls 312 usagers ont choisi cette solution d’attente qui n’est pas du très haut débit mais de l’ADSL amélioré.
Il est possible pour un collectif de se lancer vers des solutions alternatives fibre ou hertzien. Un collectif se déclare en tant que fournisseur d’accès et à ce titre peut se connecter sur le réseau. Il n’y a pas de personne relais dans le Calvados pour nous aider à réfléchir sur ces solutions. Il conviendra donc de reprendre contact avec M. BAYART pour aller plus en avant dans la recherche mais, cette fois-ci, appliquée à un territoire.

Le deuxième temps sera la recherche des financements (Etat, Région, Département, Intercommunalité, Commune).
En aparté avec M. LAFARGUE, le CD14 s’engagerait à mener une étude de faisabilité sur un territoire dès l’instant où 80% des usagers potentiels s’engageraient à se lancer dans ce projet, même sous forme de pétition. La recherche de financement serait aussi facilitée.

Du côté des communauté de communes : Il paraît important de souligner que la compétence de la Communauté de Commune Cœur de Nacre par exemple dans le domaine de la fibre a été affirmée comme opérationnelle par Messieurs LAFARGUE et BAYART : nous pourrions nous appuyer sur ce point pour une démarche d’initiative locale à la manière de M. BAYART …
Par contre, si d’aventure nous changeons de Communauté de Communes, nous avons bien noté que nous ne bénéficierions pas de l’élargissement sur nos territoires de la couverture “ORANGE”  Caen la Mer => double peine : plus d’impôts locaux et toujours la même discrimination “DSP”…. Modification possible en 2017 ?