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Suite à une consultation publique portant sur de “nouvelles fréquences pour les territoires, les entreprises, la 5G et l’innovation”, l’Arcep confirme son intention de laisser une portion de spectre aux usages de la 4G fixe, qui s’impose de plus en plus comme une solution pour compenser les difficultés de la fibre optique à pénétrer dans les zones les moins denses. Une bande de 40MHz devrait être attribuée autour des 3,4GHz : une mesure satisfaisante, même si certaines collectivités espéraient plus pour mener à bien leurs projets de réseau radio d’initiative publique.

Dans une bande entre 3420 et 3460 MHz, il sera donc possible d’installer des réseaux 4G à destination d’un usage internet fixe, “dans les territoires ne disposant pas de solutions satisfaisantes à court ou moyen terme”, précise l’Arcep. Au cas par cas, certaines zones pourront également bénéficier d’une bande de 10Mhz supplémentaires.

La 4G fixe, une solution différente de celle des réseaux mobiles

Lors de la consultation publique tenue par l’Arcep, les opérateurs mobiles ont fait valoir que leurs réseaux propres (4G puis 5G) étaient à même de répondre aux objectifs d’aménagement numérique. Dans cette perspective, Bouygues Telecom a récemment lancé une offre 4G fixe à destination des zones périurbaines. Cependant, de nombreuses collectivités (Calvados, Gers, Manche, Pyrénées-Atlantique, etc.) sont montées au créneau pour défendre la spécificité des réseaux 4G fixe spécialement calibrés pour les usages sédentaires, de même que plusieurs opérateurs de RIP (Axione, Nomotech, TDF, Altitude) et la Firip (Fédération des industriels des RIP). Tous ces acteurs soulignent notamment le fait que les offres en 4G mobile, mais aussi en satellitaire, sont souvent limitées en usages des données.

Les acteurs y croient, en attendant la commercialisation

Les territoires sont de plus en plus nombreux à envisager le LTE (ou 4G) fixe comme une solution valable pour compléter la fibre optique, au moins lors d’une période transitoire. Le département des Pyrénées-Atlantique, qui souhaite convertir son réseau WiMax en 4G, identifie un potentiel de 10.000 locaux. En région Bourgogne-Franche-Comté, les 3.000 clients du RIP radio consomment un volume croissant de données qui nécessite le passage à la 4G.
Si la technologie 4G semble plus mature et attractive que le WiMax en son temps, ce sont les taux de pénétration des premières opérations lancées par les collectivités qui permettront de réellement jauger la pertinence du dispositif. Les opérateurs spécialisés (Nomotech, XiLan et consors) y croient, en tablant sur de probables retards de déploiement de la fibre optique en zone rurale. Emmanuel Macron semble y porter crédit également, lui qui a récemment mentionné la 4G comme une solution d’aménagement numérique, lors d’un déplacement en Haute-Vienne. Les modalités techniques d’usage des fréquences seront publiées dès juillet par l’Arcep, qui vise de premières attributions dès la rentrée 2017. Le régulateur précise qu’il exigera, de la part des candidats, des objectifs de déploiement ambitieux.