INFOGRAPHIE – Si la France est déjà couverte en Internet haut débit, elle est encore à la traîne dans le très haut débit via la fibre.

C’est un véritable festival d’été. Depuis quinze jours, les politiques, les opérateurs télécoms et le régulateur (Arcep) s’écharpent à propos de la couverture du pays en Internet très haut débit fixe (débit supérieur à 30 Mbits/s). Le seul point de convergence est le constat alarmant que la France est en retard. Au sein de l’Union européenne, elle se classe à l’avant-dernière place en ce qui concerne le nombre de foyers connectés à un accès très haut débit. Du coup, Emmanuel Macron a promis que la France serait couverte en haut et très haut débit d’ici à 2020, quitte à y consacrer plus de moyens publics en recourant au plan d’investissement de 50 milliards d’euros. Au passage, il bouscule son premier ministre qui avait promis cette couverture en très haut débit… pour 2022.

Une cacophonie qui couvre à peine celle des opérateurs entre eux. Free et Bouygues Telecom se sont alliés pour dénoncer la tentation d’Orange de reconstituer sur la fibre le monopole qu’il avait sur le réseau en cuivre au début des années 2000. Orange se défend et affirme qu’il est le seul opérateur à investir massivement dans la fibre ce qui explique qu’il détient 70 % des clients pour la fibre en France. SFR, qui a longtemps parié sur la modernisation de son réseau câblé pour le très haut débit, se lance enfin dans le bain de la fibre. Et, il ne fait pas les choses à moitié. Au lieu de se tenir au schéma public du déploiement de la fibre, SFR envisage de construire seul et sans argent public son réseau de fibre sur tout le territoire d’ici à 2025.

Situation disparate

Aujourd’hui, près de 95% des 36 millions de foyers français peuvent avoir un accès haut débit

Du coup, plus personne ne comprend qui fait quoi ni à quelle échéance. Afin d’y voir plus clair, le Sénat auditionne ce mercredi l’Arcep et les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Le même jour, Michel Combes, directeur général d’Altice, détaillera la façon dont SFR compte s’y prendre pour offrir la fibre à 100 % des foyers français.

Pour comprendre les enjeux, il faut dresser le panorama de l’accès des Français à Internet. Aujourd’hui, près de 95% des 36 millions de foyers français peuvent avoir un accès haut débit (entre 5 et 30 Mbits) soit par l’ADSL, qui couvre 30 millions de foyers, soit par le câble, qui en couvre 8 millions. Enfin, pour les 3 à 4 % de Français vivant dans les zones les plus inaccessibles, le satellite offre un accès Internet pour 30 euros par mois.

Pour le très haut débit (entre 30 et 100 Mbits/s), il y a aujourd’hui, selon les chiffres de l’Arcep, 5,8 millions d’abonnés, dont 2,4 millions via la fibre, 1,2 million via le câble ou un accès 4G fixe et enfin 2,1 millions via le VDSL2, une version améliorée de l’ADSL.

Les opérateurs ont déjà installé 17,2 millions de prises très haut débit en France, dont 8,1 millions en fibre et 8,9 millions en câble. Les grandes villes sont couvertes à 70 %. Les villes moyennes ne le sont qu’à 23 %. Le pire reste les zones rurales, qui ne sont couvertes qu’à hauteur de 5 %. C’est dans cette zone que l’effort doit porter. Mais c’est là que le coût du raccordement est le plus élevé (au-delà de 100.000 euros par prise). Les collectivités publiques sont mises à contribution en subventionnant les zones de déploiement. Mais le raccordement est un travail très long et très coûteux.

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 19/07/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici