La France poursuit sa chute en matière de débits Internet. En l’espace de quelques mois, notre pays passe de la49ème place mondiale à la 51ème. Le débit moyen progresse légèrement mais nous sommes loin des besoins du numérique.

Le plan France THD  promet depuis des années du très haut débit mais la situation est tout autre. Attaché encore à résoudre le problème des zones blanches, c’est-à-dire a apporter à certaines communes un simple accès à Internet qui existe depuis plus de 20 ans, notre pays continue de prendre un retard impressionnant en matière de débits Internet.

Au premier trimestre 2017, notre débit moyen a enfin dépassé la barre des 10 Mbps pour se stabiliser à 10,8 Mbps soit une augmentation d’environ 9% en une année.


Débits Internet, la France disparait du top 50

Si l’on peut se réjouir de la situation, elle ne permet pas à la France de se distinguer au niveau mondial. Le bilan est même pessimiste puisque en l’espace de quelques mois nous avons perdu 2 places.

En Europe nous sommes loin de la Norvège et ses 23.5 Mbps, de la Suède (22.5 Mbps), de la Finlande et du Danemark. Notre pays est derrière le Pays Bas, la Roumanie, la Belgique ou encore l’Espagne, l’Allemagne, la Lituanie, la Hongrie ou encore la Russie. Le rapport d’Akamai pour le premier trimestre 2017 annonce que seulement 31% des lignes Internet permettent aux utilisateurs d’espérer des débits supérieurs à 10 Mbps et 71% dépassent les 4 Mbps.

Au niveau mondial la palme d’or revient une nouvelle fois à la Corée du Sud enregistrant un débit moyen de 28.6 Mbps.

Selon France Très Haut débit, la couverture intégrale du territoire en très haut débit est prévue pour 2022. A ce sujet, il est précisé

« D’ici 2022, dans les grandes villes comme dans les villages, le territoire sera intégralement couvert en Internet très haut débit. C’est l’objectif du Plan France Très Haut Débit, qui mobilise un investissement de 20 milliards d’euros sur 10 ans partagé entre les collectivités territoriales, l’État, l’Europe et les opérateurs télécoms, pour déployer de nouvelles infrastructures sur tout le territoire. »

Très haut débit, de beaux discours seulement ?

En 2014, le Gouvernement avait annoncé

    #AmbitionNumérique : « Le Gouvernement a pris la pleine mesure du défi numérique et il entend bien le relever ! »

Un rapport de la Caisse des dépôts paru en 2013 souligne

« le haut et le très haut débit sont, au même titre que les réseaux de transport, d’électricité et d’eau, des infrastructures essentielles à l’inclusion sociale et à la compétitivité » 

Il ne fait plus aucun doute que l’avenir repose en partie sur le numérique, porteur de croissance et d’emplois. Plusieurs études citées par la CDC montrent que les accès à Internet sont des vecteurs de croissance, de consommation, d’innovation et de créations d’entreprises.

Cette situation n’est pour le moment pas un impératif au niveau politique. SelonLaCroix, Emmanuel Macron a annoncé un « bon débit » en 2020. Cette posture inquiète car le très haut débit commence à 30 mégabits par seconde (Mbit/s) tandis qu’une vitesse de connexion de 8 Mbit/s est considérée comme satisfaisante.

Il est intéressant de noter que la nouvelle feuille de route met la priorité sur

« les 5 millions de foyers dont la couverture est la plus faible et sur les alternatives à la fibre, en particulier la 4G qui a l’avantage d’améliorer aussi la couverture mobile. »

Ce choix de la 4G ne serait pas le bon. Il ne s’agirait pas d’une solution viable sur le long terme selon Thomas Gassilloud, député du Rhône (REM). Cette posture est confirmée par Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique qui pilote le plan « Très haut débit ». Selon lui la fibre est

«  une infrastructure qui durera un siècle, au même titre que le téléphone ou l’électricité. »