Alors que le gouvernement doit dévoiler sa feuille route ce mois-ci sur le Très Haut Débit et le mobile, l’Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel estime que « se fier aux seules annonces d’acteurs privés compromettrait gravement l’atteinte des objectifs fixés ». Celle-ci a donc remis 43 propositions d’actions au gouvernement à la demande de Julien Denormandie, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des territoires. 

Parmi ses principales préconisations sur le plan THD, figure en première ligne, l’importance de « signifier aux opérateurs privés qu’ils franchiraient une ligne rouge en dupliquant des réseaux FttH et en déstabilisation des projets et RIP FttH. » Est donc visé directement, SFR et son projet de fibrer la France seul et sans argent public, par le déploiement de son propre réseau FTTH là où Orange ou des RIP sont déjà présents ou à pied d’œuvre.

D’autres propositions concernent la mise « sous surveillance rapprochée des opérations pouvant amener à doublonner la boucle locale fibre (écrémage FttH, réaménagement de réseau cuivre en zone de déploiement fibre… )», ou encore «contribuer à la transparence sur les déploiements en publiant en open data les données géolocalisées sur les prises raccordables et les prévisions d’extension.»

Pour l’association d’élus, Si le FttH doit débarquer «dans des zones connues en 2022/2023», il ne serait pas judicieux d’y investir tête baissée dans des technologies alternatives comme la 4G fixe, «d’autant plus que les zones à mauvais débit font partie des priorités de déploiement dans les contrats des collectivités.» Selon l’AVICCA, le cadre actuel commence enfin à fonctionner, «avec une accélération des investissements tant dans la zone AMII que hors AMII, qu’il importe de conforter». Par conséquent, «un bouleversement des règles engendrerait un attentisme des acteurs contraire aux objectifs publics : un big bang du Très haut débit aurait toutes les chances de se transformer en big crunch. »
 
Faisant encore une fois écho à SFR, l’intéressée estime que « le risque principal, peut-être recherché par des annonces intempestives récentes, serait de déstabiliser les financeurs qui étaient rassurés par la cohérence du schéma et la non-duplication de la boucle locale dans un cadre régulé.»

S’agissant des investissements, l’AVICCA milite enfin pour qu’une discussion avec la Commission européenne soit engagée «sur la protection des investissements publics et des investissements privés qui les accompagnent en vue de réaliser des objectifs d’intérêt général comme celui de la Société du Gigabit.