Par le CCF14 : il est assez rare que nous intervenions dans le flux quotidien des nouvelles qui traitent du haut débit, mais il nous fallait aujourd’hui changer notre façon objective de juger des “Dernières nouvelles” : entre M. Jacques Mézard ministre de la Cohésion des Territoires qui dans un article paru dans Ouest-France du 26/09 assure avec aise que les “opérateurs sont prêts à le suivre” et cet article paru le même jour dans “Le Point” qui dévoile que le gouvernement se met en “Stand by” sur le plan “Très haut Débit”…une question résonne dans nos petites têtes : nous prend t-on en haut lieu et sans aucun complexe pour de véritables c… ?

 Il est probable que l’attaché de presse du ministre (budget oblige)  exerce à la cambrousse en zone blanche et de fait n’ait surement pas pu télécharger le revue de presse du jour . Plus concrètement le magazine “Que choisir”  préfère publier une étude très objective sur l’état du THD en France traitant en outre de l’aggravation de la fameuse “fracture numérique”.

Le mieux est sans doute de lire ces 2 articles et celui de “Que choisir” dans le prochain billet ….CQFD 🙂 


Le point

Très haut débit : le gouvernement se met en stand-by

 Par Pierre Manière  |   |  465  mots
Le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d’investissements, au-delà de l’objectif de 2022 et de l’enveloppe initiale de 3,3 milliards d’euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ».
Le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d’investissements, au-delà de l’objectif de 2022 et de l’enveloppe initiale de 3,3 milliards d’euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ». (Crédits : DANIEL MUNOZ)
Dans le cadre du grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros présenté lundi par le gouvernement, l’exécutif s’engage à « soutenir » le déploiement de l’Internet à très haut débit sur tout le territoire. Mais il se refuse, pour le moment, à mettre davantage la main au portefeuille.

Pour l’instant, pas question de mettre plus d’argent que prévu. Dans le cadre du grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros dévoilé ce lundi par le gouvernement, l’exécutif affirme, dans son « initiative 19 », vouloir « soutenir le déploiement du très haut débit ». Comment ? En reprenant le Plan France Très haut débit, initié en 2010-2011, sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, et qui a été poursuivi sans grand changement par François Hollande. Comme le rappelle le rapport de l’exécutif, élaboré par l’économiste Jean Pisani-Ferry, ce grand chantier « vise à couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit d’ici à 2022 »« L’objectif de ce plan est de doter d’un accès Internet performant l’ensemble des particuliers, des entreprises et des administrations pour leur permettre un usage efficace des technologies de l’information et de la communication », rappelle le document.

| Lire aussi : Internet : la bataille du très haut débit pour tous

Jusqu’à présent, le financement de ce chantier était évalué à 20 milliards d’euros. Le rapport de Jean Pisani-Ferry précise que l’état s’est notamment engagé à débourser 3,3 milliards d’euros en subventions. Celles-ci sont en effet censées aider les collectivités des zones rurales et moins denses à se doter du très haut débit. Et ce dans le cas où les grands opérateurs nationaux ne souhaitent pas, pour des raisons de rentabilité économique, y déployer directement un réseau. A ce jour, l’Etat a déboursé 3 milliards d’euros, précise le rapport, qui souligne que les 300 millions d’euros restants seront bien engagés.

Négociations avec les opérateurs

Toutefois, le rapport souligne que l’Etat ne compte pas, pour l’instant, investir davantage dans le plan France Très haut débit. Concrètement, le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d’investissements, au-delà de l’objectif de 2022 et de l’enveloppe initiale de 3,3 milliards d’euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit »« Cette discussion se fera avec les collectivités territoriales, les co-financeurs publics, les opérateurs télécom et les partenaires privés, lit-on. Les nouveaux projets capitaliseront sur les exemples passés pour proposer des modèles de financement durables, à fort effet de levier. »

En outre, le rapport Pisani-Ferry n’est pas revenu sur l’objectif d’un « très bon débit » pour tous à horizon 2020, un objectif intermédiaire annoncé courant juillet par Emmanuel Macron. Il faut dire que pour y arriver, l’exécutif mise sur davantage d’investissement de la part des opérateurs télécoms. Mais ces derniers, qui négocient depuis plusieurs semaines avec le gouvernement, réclament en échange des contreparties financières. Des annonces sont, sur ce front, attendues cette semaine.


Ouest France numérique du même jour Une feuille de route pour le haut débit

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, assure que les opérateurs sont prêts à le suivre.

Trois questions à…

Jacques Mézard

Ministre de la Cohésion des territoires.

Le gouvernement a annoncé le très haut débit partout en 2022, après la 4G en 2020. Les opérateurs suivront-ils ?

J’en ai la conviction. Notre pays accuse un certain retard dans le déploiement de la fibre et une fracture territoriale existe aussi dans la desserte en téléphonie mobile. Nous allons y remédier avec un plan clair, défini avant la fin de l’année. Certains opérateurs ont déjà commencé à avancer : l’un disant que, d’ici à 2025, il mettrait la fibre optique à ses frais sur tout le territoire ; un autre qu’en 2018, 99 % de nos concitoyens auront la 4G…

Exigerez-vous des engagements précis ?

Le gouvernement ne se contentera pas d’engagements volontaires, ils devront être contraignants. En 2013, beaucoup de promesses avaient été faites, dont celle de couvrir en fibre d’ici à 2020 l’ensemble des zones denses et très denses de population. Or il reste plus de la moitié des travaux à réaliser. Nous avons demandé à l’Autorité de régulation de mener la concertation pour nous présenter un plan de déploiement précis et les techniques à utiliser, ou encore une transparence totale sur la qualité de réception mobile.

Pour quelles contreparties ?

Les opérateurs devront faire un effort dans des zones qu’ils jugent moins prioritaires. Ils demandent des contreparties sur la durée des fréquences attribuées, par exemple, ou sur la fiscalité. Nous sommes prêts à y réfléchir. Par ailleurs, là où les collectivités et l’État financent les réseaux d’initiative publique, en dehors des grandes zones urbaines, on exigera une mutualisation du réseau de fibre et un accord d’utilisation entre les opérateurs. L’objectif est de desservir tout le monde rapidement, pas de dupliquer des réseaux.

Recueilli par Philippe MIRKOVIC.