CCF14 : Excellente initiative mais…qui ne profiterait qu’aux zones moyennement denses. Rien de nouveau  pour les zones blanches les moins peuplées la où les besoins sont primordiaux ! Avec le décalage ahurissant entre la lenteur du déploiement du THD et la croissance forte de l’économie qu’engendre celui-ci dans les zones où il est présent, la fracture numérique n’est pas prête de disparaitre dans les zones blanches peu denses, au risque d’entériner la désertification rurale. On ne peut même plus parler de fracture mais d’exclusion économique et sociale d’une minorité de citoyens par le numérique, ayant pour origine l’intérêt particulier en lieu et place de l’intérêt général au mépris des fondements les plus élémentaires de la démocratie. Internet doit être rentable ou rien ! 

 

http://www.latribune.fr/technos-medias/tres-haut-debit-l-arcep-veut-un-repartage-des-zones-moyennement-denses-755673.html

 

Lors d’une audition au Sénat, Sébastien Soriano, le président du régulateur des télécoms, s’est inquiété des retards de déploiement de la fibre dans les villes et territoires moyennement denses. Il appelle à une nouvelle répartition de ces zones entre opérateurs. Et ce, alors que ces territoires avaient fait l’objet, en 2011, d’un partage entre Orange et SFR.

C’est ce qui s’appelle jeter un pavé dans la mare. Ce mercredi, lors d’une audition au Sénat, Sébastien Soriano a appelé à un « repartage » de la couverture en fibre optique des villes et territoires moyennement denses. Pourquoi ? Parce que les déploiements de ces zones – qui représentent environ 11 millions de logements – ne vont pas assez vite. Loin de là. « Nous sommes inquiets », indique-il. Selon lui, les rythmes de déploiements d’Orange et de SFR, qui se sont partagés ces territoires en 2011, sont insuffisants. Ils ne permettront pas, selon lui, de tenir leurs engagements, à savoir apporter la fibre optique à ces populations d’ici 2020. D’après les projections de l’Arcep, au rythme actuel, « nous serons en retard »« Nous voyons que ces déploiements s’achèveront au mieux en 2023… », insiste Sébastien Soriano, qui tire donc « la sonnette d’alarme ».

Pour éviter ces retards, il appelle « de manière pragmatique à utiliser toutes les volontés d’investissements qui se manifestent en ce moment » : celle de SFR qui milite depuis longtemps pour un partage plus équitable de ces zones, mais aussi celles de Bouygues Telecom et de Free. Sébastien Soriano a beau indiqué qu’« il ne s’agit pas de récupérer des parties [de ces zones] à Orange pour embêter Orange », sa proposition va forcément faire hurler l’opérateur historique. Et pour cause : en 2011, Orange avait préempté 85% de ces territoires, contre 15% pour SFR. Et Stéphane Richard verrait forcément rouge à l’idée de trop repartager ce gâteau avec ses concurrents…

L’Arcep veut freiner les ambitions de SFR

Sébastien Soriano souhaite, en outre, qu’un nouveau partage des zones moyennement denses fasse l’objet « d’engagements juridiquement contraignants ». Pas question, aux yeux du régulateur, de reproduire les erreurs du passé : en 2011, Orange et SFR n’avaient formulé que des intentions d’investissements non-contraignantes, c’est-à-dire sans risquer d’amende, par exemple, en cas de non-respect des échéances de couverture annoncées…

Lors de son audition au Sénat, Sébastien Soriano a également freiné les ambitions de SFR, qui a indiqué vouloir fibrer seul les zones les moins denses du territoire. Et ce, quitte à doublonner les projets de couverture en très haut débit des collectivités locales. « Ce que nous disons, c’est que la volonté [de SFR] d’investir dans les zones les plus rurales n’est acceptable que si cela se fait en plein accord avec les porteurs de projet de RIP (Réseaux d’initiative publique, organisés par les collectivités locales NDLR), ce qui signifie pas de débauchage, d’intimidation ou de double déploiement sans concertation », a affirmé le patron de l’Arcep. En plus, il souhaite encore une fois que si « un accord qui est trouvé entre SFR et les élus dans ces territoires-là, les intentions d’investissements de SFR doivent être très clairement écrites et devenir juridiquement contraignantes. »