Le gouvernement coupe court aux spéculations, il ne souhaite pas qu’un nouveau partage des zones moyennement denses ait lieu.

CCF 14 :  tout doit bouger mais ne changeons rien, gardons le cap et laissons voguer (dériver ?) le navire : finalement le nouveau gouvernement ne fait guère mieux que les précédents,  l’ambition forte de la république “en marche” pour le  THD parait bien “en panne”. Il y a toujours un avant et un après l’élection, coutume politique.
 

En marge de l’inauguration du réseau de fibre optique en Mayenne en présence de Stéphane Richard, PDG d’Orange et Xavier Niel patron de Free, Julien de Normandie,sécrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des Territoires, a exprimé la position du gouvernement : il rejette l’idée avancée par l’ARCEP d’un redécoupage des zones RIP et AMII.

Si l’ARCEP veut imposer un redécoupage des zones moyennement denses pour aller plus vite, Julien de Normandie estime que cela ne serait q’une perte de temps et que le cadre doit rester stable pour pouvoir accélérer les déploiements : “Nous n’allons pas rouvrir cette boîte de Pandore qui est le redécoupage des zones RIP et AMII. Il nous faut un cadre stable pour aller plus vite”.

 

Le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano, dans une tribune au Figaro le 25 octobre dernier avait invité à ce que l’idée fasse son chemin rapidement et que les zones AMII soient repartagées. Le but : laisser plus de place à SFR et éventuellement impliquer Bouygues Telecom et Free pour accélérer le rythme des déploiements sous peine d’accuser un retard de trois ans sur les objectifs initiaux dans ces zones. Il avait alors précisé que cela pourrait se faire vite si le gouvernement donne “l’impulsion de la renégociation”. Selon les projection du gendarme des télécoms Orange et SFR devraient accélérer leurs déploiements de respectivement 60 et 70% pour atteindre l’objectif de 2020.

SFR souhaiterait une re-répartition à 50/50 tout en ayant pris du retard et en ne remplissant pas ses objectifs sur la zone AMII malgré un réveil récent. Orange de son côté est hostile à cette idée son “système industriel […] est parfaitement lancé et fonctionne à plein régime”. L’opérateur historique pour rassurer accepte tout au plus de “rendre ses engagements, transparents et juridiquement contraignant”.Covage, l’opérateur d’infrastructures, s’est récemment inséré dans la brèche en affirmant avoir “les moyen et la volonté” pour obtenir une part du gâteau dans le cas d’un redécoupage.

Pour rappel, en 2011 Orange et SFR se sont partagés les zones moyennement denses (zone AMII) en tant qu’opérateurs d’infrastructures FttH. La première répartition donnait 80% des zones concernées à Orange et 20% pour SFR. Suite au rachat par Numericable, SFR s’est concentré sur le développement de son réseau câblé et Orange a repris les zones oubliées par SFR, la nouvelle répartition donnait environ 90% pour Orange et 10% pour SFR. Cela représente un objectif final à l’horizon 2022 d’environ 12 040 000 prises pour Orange et de 1 574 000 pour SFR. Au mois de mai dernier Orange avait atteint 20 % de cet objectif et SFR, 11%.