Source : Numérama

 

SFR avait dit être capable de fibrer toute la France d’ici 2025, en ne se reposant que sur ses propres forces. L’annonce, qui avait fait soulever quelques sourcils interrogateurs sur la capacité de l’opérateur à tenir cet engagement, a vécu : SFR a jeté l’éponge.

SFR l’avait dit haut et fort pendant l’été : l’opérateur était prêt à «  fibrer intégralement la France, et ce sans argent public  ». Comment ? En installant une nouvelle entité, Altice Infrastructures, «  pour assurer l’ensemble des travaux  », puis en démarrant les travaux au mois de septembre. Objectif annoncé : fibrer 80 % du territoire d’ici 2022 puis le reste d’ici 2025.

L’annonce avait été abondement commentée par la presse et les rivaux du groupe. Le directeur général de l’opérateur, Michel Paulin paraissait pourtant convaincu de son plan dans une interview aux Échos. Il affirmait même que cela ferait « économiser 8 à 15 milliards d’euros au budget de la France ». À l’époque, la maison-mère, Altice, ne semblait rien avoir à y redire.

Crédits : SFR

Aujourd’hui, le ton a bien changé chez SFR. D’abord, parce que Michel Paulin n’est plus en poste depuis septembre. Ensuite, parce que l’objectif fixé il y a quelques mois n’est plus du tout d’actualité. Nos confrères de 01 Net signalent que le secrétaire général de la société, Régis Turrini, a évoqué « un changement de doctrine » dans le groupe, manière d’admettre un renoncement sans le dire ouvertement.

Quatre raisons ont été relevées par Régis Turrini pour expliquer cette marche arrière.

« Un changement de doctrine »

D’abord, la mauvaise passe traversée par Altice en bourse, causée entre autres par les résultats financiers toujours décevants de SFR. Ensuite, le départ de certaines personnes liées à ce plan. Il y a aussi eu le constat, tardif, du manque de main d’œuvre et du temps requis pour boucler des formations sur des métiers-clés. En enfin, l’hostilité suscitée par le plan, y compris au niveau politique.

Le revirement de SFR ne signifie pas que l’opérateur déserte le terrain du très haut débit. Il va continuer à investir dans les réseaux, en affirmant que les engagements déjà pris seront tenus, et en s’inscrivant à travers le plan, parfois décrié, France Très Haut Débit, qui est le programme central en la matière et dont Emmanuel Macron voudrait qu’il soit bouclé plus tôt que prévu.

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