Internet. En Anjou, les campagnes «fibrées» plus vite que les villes?

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Internet. En Anjou, les campagnes «fibrées» plus vite que les villes?

L’arrivée de TDF, l’opérateur qui a signé un contrat avec Anjou numérique, pourrait aboutir à ce décalage étonnant. Il s’est en effet engagé à fibrer tout le département d’ici 2022, sauf les villes (Angers, son agglo, Cholet et Saumur), car Orange y est présent. Certes, le mastodonte français des télécoms a déjà commencé le travail, mais il n’est pas en avance…

Le scénario semble farfelu, et pourtant, il est crédible. Les campagnes et villages du Maine-et-Loire pourraient bien être raccordés à la fibre et au très haut débit au même moment que les villes. Voire avant elles.

La raison est simple : dans ce dossier, l’Anjou est divisée en deux camps, qui n’avancent pas à la même vitesse. D’un côté, on trouve Anjou numérique, le syndicat qui regroupe la plupart des intercommunalités de l’Anjou. Il a signé un contrat ambitieux avec l’opérateur TDF, le 16 mars dernier. Avec une échéance claire : un territoire fibré à 100 % d’ici 2022, et un débit minimal de 100 Mbits/s partout, pour tout le monde.

Les villes ont choisi Orange

De l’autre, on trouve les urbains : Angers et son agglomération, Cholet et une partie de la sienne, ainsi que la ville de Saumur. Ces trois territoires ont en commun d’être situés historiquement en zones dites « Amii », jugées moyennement denses sur le plan démographique. Amii ? Appel à manifestation d’intention d’investissement. Un concept très vague. En Anjou, cet appel a été entendu par Orange, seul sur ce marché. L’opérateur a donc commencé à « fibrer » : dès 2012 pour Angers, à partir de 2015 pour Cholet et Saumur.

Retard et sonnette d’alarme 

Problème : ce déploiement, comme partout en France, prend beaucoup de temps. Trop, au goût de certains. Même l’Arcep, l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes, a tiré la sonnette d’alarme en fin d’année dernière, redoutant qu’à ce rythme, la fibre arrive « plutôt en 2023 qu’en 2020 » dans ces zones.

Afin d’accélérer le rythme, le gendarme des télécoms a proposé que les zones Amii soient partagées entre plusieurs opérateurs. Refus d’Orange, qui maintient que ses propres objectifs seront tenus.À Angers, « on a fait la moitié du chemin », assurait, en juillet 2017, Laurence Le Bott, la directrice des relations avec les collectivités locales de Maine-et-Loire chez Orange. Contacté, Franck Poquin, maire de Saint-Léger-des-Bois et chargé du numérique pour Angers Loire Métropole, est aussi optimiste. « Tout sera prêt dans les temps ».  

TDF et ses « fortes pénalités »  

Orange s’était engagé sur 2019 pour Angers et 2020 pour son agglomération. Pour Cholet et ses environs, ce serait aussi 2020, voire 2021, selon les interlocuteurs. Un calendrier qui paraît intenable, au rythme actuel. « La caractéristique des zones Amii, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’engagement, ni de contrainte, c’est très flou, constate Philipe Chalopin, le président d’Anjou numérique. Nous, nous avons mis en place un cadre qui obligera l’opérateur à respecter ses engagements, sous peine de fortes pénalités, de plusieurs millions d’euros. »

Sur le papier, la tortue des villages a quelques chances de finir avant le lièvre des villes…

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