Newsletter N°5 – Avril 2018


Internet : Le Conseil Départemental s’engage à couvrir l’intégralité de notre Département en Très haut débit d’ici 
2021 !

 

Dans un article paru sur actu.fr, disponible sur notre site ou ici ainsi que que dans son magazine n°130, le Conseil Départemental s’est engagé à couvrir en Très haut débit notre Département via son Réseau d’Initiative Public. Nous félicitons le Département pour cet engagement ferme et indispensable à l’internet à très haut débit pour tous et mettons en place sur notre site un décompte jusqu’en 2021 ! 

Toutefois une telle opération de communication, alors que le gouvernement émet des doutes sur la viabilité des choix de déploiements actuels , (article paru sur Zdnet à lire ici ), soulève de nombreuses interrogations. 

comme le rappelle la Caisse des Dépôts et Consignation “les RIP doivent desservir à terme 45% de la population française en Très Haut Débit, soit 9 millions de lignes, essentiellement par la fibre optique. Ils représentent un investissement total de 14 milliards d’euros, dont 3,3 milliards financés par l’État, abondés à travers le guichet France THD, et 3,7 milliards par les collectivités, le reste devant être autofinancé par la commercialisation des réseaux.

C’est bien sur dernier point que notre Département reconnait des difficultés car la commercialisation du RIP 14 pour le moment n’a pas connu de franc succès, le bilan est très mitigé. “La faute aux grands opérateurs qui ne s’invitent pas sur ces réseaux” regrette Agnieszka Ples (Médiateur des nouveaux usages numériques pour le CD14) …hors les RIP furent précisément créés pour couvrir les zones où les grands opérateurs n’investiraient pas, et de fait seuls s’y sont présentés des opérateurs de plus petite taille, certes moins connus du grand public, mais pas moins performants. (Comcable, K-net, Kiwi, Coriolis, Ozone, La fibre vidéofutur…).

Olivier Colin vice-président en charge du dossier reproche une méconnaissance du dossier à ceux qui pensent qu’alimenter en 1er les zones blanches est une priorité : il faut selon lui déployer ce réseau là où se trouvent les “zones d’activités” , les chefs lieux de cantons. Hors c’est dans ces zones que le réseau cuivre de l’opérateur historique – ADSL / VDSL – nuit à la commercialisation de la fibre du RIP du Calvados, le débit y étant pour le moment suffisant, et c’est sur ce point précis que notre association lance des alertes depuis sa création à travers différents courriers, articles et débats. Olivier Collin le reconnait lui même :

Sur 70 000 prises raccordables, même pas 6 000 sont commercialisées. 
« À Cabourg, Dives et Houlgate, il y a plus de 4 000 prises, et 200 maximum sont vendues »

Il n’y a donc pas de remise en cause d’un modèle économique qui manifestement ne fonctionne pas et aucun changement de cap depuis 2011 : il faut alimenter en 1er les zones déjà correctement pourvues en accès à Internet et obtenir davantage de financement pour poursuivre le déploiement dans des zones déjà privilégiées susceptibles de “booster” la commercialisation – ce qui hélas ne s’est jamais produit.

Le Collectif Coeur de Fibre maintient que le déploiement des fibres optiques du Réseau du Département en zones blanches, placé sous le contrôle d’EPCI et d’élus locaux sur leurs territoires aurait permis la commercialisation auprès de n’importe quels opérateurs, même ceux très peu connus tant la situation de l’internet y est catastrophique via le réseau cuivre.

Une telle accélération du RIP est-elle alors crédible ? le RIP est un projet pensé en 2008, mis en œuvre en 2011 et qui en 2018 avec 3 années de retard sur l’ex-“phase 1” aboutirait d’ici 4 ans sous la seule pression du gouvernement et sans révision de sa stratégie ? 
Selon le Département la solution viendrait de la mise place “d’armoires” souhaitée par les grands opérateurs privés leur permettant l’entrée sur le RIP : justifie-t-elle un avenant de 139% de la valeur du initiale du projet (de 161 Millions à 394 Millions d’Euros ) au profit de zones correctement pourvues en débit Internet (Ex: Bayeux) alors qu’une fois de plus les zones Blanches les plus nécessiteusessont complètement délaissées dans le cadre d’un projet censé réduire la fracture numérique ? peut-on avant de passer à la caisse nous informer en détail sur ces mystérieuses armoires ? 

Nous rappelons que la plupart des habitants des zones blanches n’ont accès qu’au très bas débit, inférieur à 1 mégabit par seconde dans de nombreux villages et qu’en 2018 cette situation est tout simplement inacceptable. Avec la mise en place des Projets d’Aménagement et de Développement Durable, ces villages pour la plupart n’ont pas de “zones d’activités” et présentent une faible “attractivité” à laquelle s’ajoute l’arrêt programmé de la délégation de service publique sur le réseau cuivre de l’opérateur historique. La double peine est que ces habitants paient leur impôts comme tout le monde et participent ainsi au déploiement du RIP THD dont ils ne profiteront qu’en dernier – ou pas , avec en prime un réseau internet actuel totalement déficient. Comment accéder aux services publics de plus en plus dématérialisés ? par exemple l’aide aux petites communes rurales ou MAPEO le futur service de cartographie du CD14 ? Plus simplement comment garantir un appel d’urgence, une conversation téléphonique ? c’est bien une question de sécurité publique !

Pour les zones blanches tous les élus savent (et/ou en on fait la regrettable expérience) que :

le volet “Radio” du RIP 14 n’est pas une solution viable et qu’il n’y a pas d’ambition réelle pour le déployer
que les mix technologiques “temporaires” préconisés par le gouvernement ne feront qu’aggraver la fracture numérique en créant des accès à vitesses variables et quantités limitées c’est à dire des usages obligatoirement différents.
Exemples : les offres satellites sont limitées en quantités de données et connaissent des problèmes de temps de réponse importants, les offres routeurs 4G connaissent des limitations en quantité et des temps de réponse très fluctuants , enfin les routeurs WIFIMAX sont bridés par les opérateurs (par mutualisation) et se heurtent aux obstacles .
Nous partageons les mêmes objectifs que le Conseil Départemental : nous souhaitons tous et pas plus que d’autres profiter du très haut débit sans restriction car l’équité est un principe indispensable au développement et à la cohésion des territoires. Nous prenons donc acte de l’engagement du Département : rendez-vous en 2021, en très haut débit, en zone blanche comme ailleurs.


 

Bilan d’étape : et si on faisait le point ?

Le Département propose de dresser un bilan de son mandat à mi-parcours et vous invite à prendre la parole : chers élus, maires des communes en zone blanche, chers membres, participez ! Dans Calvados Magazine, le Président du Département Jean-Léonce Dupont reconnait que le déploiement du très haut débit a connu des “aléas” ayant entrainé 2 à 3 ans de retard sur la phase 1 mais que tout va s’arranger d’ici 2021.
Une phase en 3 ans succédant à une phase de 7 ans ! “Nous allons mettre le paquet”… qu’est-ce que cela signifie exactement ? Mettre le paquet sur la commercialisation ? sur l’investissement avec la demande d’avenant portant le projet à 394 Millions d’Euros ?
C’est le moment de faire savoir ce que vous pensez de l’Action Départementale, en l’occurrence celle menée dans le cadre du déploiement de l’internet Très Haut débit via le R.I.P 14 .
Le lien ici : http://www.calvados.fr/prenez-la-parole/index.php/993163?lang=fr

Faites-nous part des questions que vous aurez posées et des réponses obtenues, nous les rendrons publiques sur notre site web.

Fibrement votre…Collectif Coeur de Fibre Calvados.

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