Microsoft contre les zones blanches

Internet Haut débit pour tous !

Microsoft contre les zones blanches

CCF14 : Très regrettable que les géants de l’Internet, déjà trop présents et nuisant à sa neutralité , deviennent à leurs tour distributeurs en zones blanches.
Qu’attendent les RIP pour servir ces zones défavorisées en 1er ? que le marché revienne aux Américains sur notre propre territoire ?

Source :https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/23/2785342-microsoft-contre-les-zones-blanches.html

 

La réception des ondes du TV WS se fait par un boîtier fixé sur l'antenne télé./ Photo DDM archives
La réception des ondes du TV WS se fait par un boîtier fixé sur l’antenne télé./ Photo DDM archives

Gers Numérique étudie une nouvelle technologie pour ouvrir l’Internet à très haut débit aux Gersois les plus enclavés : l’utilisation des fréquences télé, que Microsoft veut tester en première nationale dans le département.

Comment amener le Très haut débit aux dernières maisons, celles qui sont trop loin pour la fibre, trop enclavées dans des vallées de rivières ou derrière les coteaux pour recevoir la wifi ? Gers Numérique étudie la possibilité d’ajouter une corde à son arc technologique, en jouant les testeurs en condition réelle du TV White Space, un système d’émission porté par Microsoft. Il s’agirait là du premier test de cette technique en France.

Mercredi 11 avril, le conseil départemental a reçu une délégation de la firme de Seattle, dont le spécialiste maison du TV White Space, venu expliquer et convaincre. Une démonstration en présence des responsables de l’ANFR, l‘Agence nationale des fréquences, qui observe de près cette nouvelle manière d’utiliser les ondes de la bonne vieille télé. Car le TV White Space — TVWS ou «l’espace blanc» — consiste à expédier des données informatiques par les ondes de basse fréquence, 470 MHz à 698 MHz, qui en France sont dévolues par l’ANFR aux chaînes télé.

Les basses fréquences ont des propriétés qui conviennent particulièrement bien au Gers. Elles «passent» par-dessus les reliefs, et à travers les murs, là où le wifi est bloqué. Elles sont économiques à installer — il suffit d’un château d’eau pour l’émetteur, et d’un boîtier par foyer fixé sur l’antenne râteau — et consomment peu d’électricité. Et le débit ? Il peut atteindre 50 Mb/s, contre 8Mb/s pour l’ADSL ! À l’heure actuelle, il faut en passer par la 4 g pour un service similaire, et le prix d’un réseau 4 g fixe dans un département de la taille du Gers est élevé. S’ajoute à cela que Microsoft a mis ses brevets en Open source. La solution apportée par Microsoft retient donc l’attention de Gers Numérique.

Pour autant, pas question de se précipiter. Microsoft a déjà fait la preuve de l’efficacité du TVWS en zone rurale, aux États-Unis, en Asie ou en Afrique. Mais les situations diffèrent, sur le plan législatif comme sur le plan topographique. Pour fonctionner, ce système utilise les canaux du spectre basse fréquence inutilisés par la télévision, des «espaces blancs».

L’émetteur scanne en permanence le spectre pour «caler» l’envoi des données sur ces canaux libres — on parle de système dynamique — sans parasiter le reste de la fréquence. Plus il y a de canaux libres contigus, plus le débit est important. À la réception, le boîtier de l’usager se borne à décoder le flux numérique. Deux sites pilotes ont été retenus pour ce test : Monferran-Plaves et Bazian. Ils permettent de comparer l’apport des technologies Wifi, déjà présent mais insuffisant, et TVWS, présentent des reliefs très vallonnés.

Pour le directeur de Gers Numérique, Romain Gabrielli, le premier intérêt du test sera «de vérifier que le caractère dynamique de cette technologie. Microsoft veut à tout prix montrer que le TV WS est transparent.

Les autorités de régulation des fréquences, ANFR, CSA ou Arcep, veulent à tout prix éviter le parasitage des signaux. Mais le TVWS est précisément conçu pour cela.» Mercredi 11 avril, les participants de la réunion ont contrôlé sur place que les données de l’ANFR concernant les fréquences étaient correctes, et que des canaux étaient libres. Quant au démarrage du test, «il dépend désormais du coup de tampon de l’Arcep, qui chapeaute l’ANFR et le CSA sur ces questions, confie Romain Gabrielli. Une fois lancé, il devrait durer entre 6 mois et un an, et avoir recours à des dizaines de foyers testeurs dans les deux sites.»


Radio d’avenir

«L’État veut mettre tout le pays à 30 Mb/s, analyse Romain Gabrielli. Et on doit se rendre à l’évidence : la fibre partout, ce n’est pas possible. Seule la radio, comme le TV WS, peut permettre d’assurer un tel débit rapidement. On disait les ondes radio enterrées, voilà quelques années, et elles s’imposent comme solution d’avenir.» Pourquoi pas la 4G ? «Parce que les opérateurs ont dédié ce réseau au mobile. Passé un certain nombre d’utilisateurs en «fixe», les antennes saturent, le mobile devient prioritaire, et le fixe perd la connexion !»

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