CCF 14 : Nous saluons cette initiative de bon sens !  Encore faudrait-il que le RIP du Calvados consente à des mix technologiques et pas que des armoires de raccordement au réseau optique (dédiées à Orange qui n’en veut pas pour le moment). Encore faudrait-il que la 4G soit de la 4G LTE, dédiée exclusivement à l’internet et non pas mutualisée sur les réseaux de téléphone mobiles, avec de vrais offres triples play non limitées en quantité de données  / débits / temps de latence (“ping” et “gigue”).

 

Source : Ouest France du 27/06/18

 

 

Le gouvernement va contraindre les opérateurs de téléphonie mobile à équiper les zones oubliées.
Le gouvernement va contraindre les opérateurs de téléphonie mobile à équiper les zones oubliées. | THIERRY CREUX / OUEST-FRANCE

Stéphane VERNAY

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Le gouvernement présente ce mercredi 27 juin la liste de 485 sites qu’il veut voir équipé en 4G d’ici deux ans au plus tard. Le ministère de la Cohésion des Territoires a trouvé un levier pour inciter les opérateurs de téléphonie français à développer le réseau mobile à marche forcée. Le secrétaire d’État Julien Denormandie explique sa démarche, qui vise à faire disparaître les « zones blanches » en 3 ans, et Ouest-France dévoile les 44 implantations prioritaires dans l’Ouest.

Le ministère de la Cohésion des Territoires a négocié avec les quatre opérateurs de téléphonie français (Orange, SFR, Bouygues, Free) pour qu’ils mettent les bouchées doubles dans l’équipement du territoire. En échange du renouvellement des fréquences qu’ils exploitent, et qu’ils se disputaient jusque-là aux enchères, ces derniers vont devoir équiper des zones qui leurs seront désormais désignées par l’État.

Avec cette méthode, celui-ci pense parvenir à « rattraper 15 ans de retard en 3 ans » et « mettre fin aux zones blanches ». La première liste des 485 sites à équiper en priorité est dévoilée mercredi 27 juin. Dont 44 sont situés dans l’Ouest.

 

 

BRETAGNE

Côtes-d’Armor : Lanloup

Finistère : Botmeur, Tregarvan, bourg secondaire de Sizun, Saint-Thégonnec

Ille-et-Vilaine : Montreuil-sous-Pérouse

Morbihan : site du Moulin de Cadillac, Lignol

PAYS DE LA LOIRE

Loire-Atlantique : Moulin De Juzet/Mezillac (Guémené-Penfao), Ruffigné 

Maine-et-Loire : Vernoil-Le-Fourrier, Saint-Martin-du-Bois, Le Guédéniau, Miré 

Mayenne : Le Bois-du-Tay (Hambers), Thorigné-en-Charnie, Belvédère du Mont des Avaloirs (Pré-En-Pail-Saint-Samson), Saint-Quentin-les-Anges, Le Pas, Préaux, Saint-Martin-du-Limet, Saint-Mars-Sur-Colmont, Saint-Loup-du-Dorat, La Boissière, La Selle-Craonnaise, Chérancé, Couesmes-Vaucé

Sarthe : Saint-Aubin-des-Coudrais, Pruillé-L’éguillé, Sarcé, Lignières-La-Carelle, Viré-en-Champagne, Saint-Pierre-de-Chevillé, René, La Bruère-Sur-Loir, La Chapelle-Aux-Choux, Crannes-En-Champagne, Arthezé

Vendée : Saint-Michel-Le-Cloucq, Saint-Sigismond

NORMANDIE

Calvados : Moulines, Le Gast

Manche : Le Vast

Orne : Marchainville

ENTRETIEN avec Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires.

 

Comment comptez-vous résorber les « zones blanches » en France ?

Avoir internet et la téléphonie mobile n’est pas un luxe mais un droit ! La moitié des Français, soit plus de 30 millions de personnes, n’ont aujourd’hui pas accès à l’internet fixe à très haut débit, ce n’est pas acceptable. Mon travail est de changer cela. Il s’agit d’améliorer le quotidien des Français, de vaincre l’isolement, d’apporter les outils de communication là où nécessaire. Avec Jacques Mézard, nous avons donc pris des mesures fortes pour déployer massivement les infrastructures sur le territoire. Nous avons sécurisé les financements, en abondant de plus de 300 millions le fonds « France très haut débit » ces six derniers mois. Doté de 3,3 milliards d’euros, il permettra d’apporter à tous du bon débit à horizon 2020, et en très haut débit d’ici 2022.

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Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires. | CHARLES PLATIAU / REUTERS

 

Et pour la téléphonie mobile ?

Nous allons enfin en terminer avec les zones blanches. Nous avons signé en janvier dernier un accord historique avec les opérateurs de téléphonie pour qu’ils investissent massivement dans les endroits jusqu’alors oubliés. Les opérateurs devront installer rapidement 5 000 nouveaux sites dans ces zones, certains mutualisés. C’est très important. Ce mercredi, nous donnerons la liste des 485 premières communes/sites que les opérateurs auront entre 1 et 2 ans pour aménager. C’est du concret et enfin les téléphones capteront.

Ce qui veut dire que tout le territoire sera couvert en 2020 ?

J’ai obtenu des opérateurs deux choses : qu’ils déploient chaque année environ 800 nouveaux sites, et que plus de 10 000 communes qui sont aujourd’hui en 2G/3G passent en 4G d’ici 2020. C’est essentiel car grâce à la 4G vous pouvez avoir internet sur votre téléphone, faire vos démarches, consulter les sites, être connectés avec vos proches. Près de 2 000 sites ont d’ores et déjà été équipés depuis le début de l’année, et le passage de la 2G/3G à la 4G va se poursuivre au rythme de 300 changements par mois. On avance à grand pas.

 

 

Comment avez-vous obtenu de tels engagements de la part des opérateurs ?

En changeant radicalement la donne. Au lieu d’attribuer aux enchères les fréquences dont ils ont besoin, comme cela était l’usage, nous avons exigé d’eux qu’ils investissent massivement dans le développement des réseaux. Nous avons négocié pendant près de 8 mois pour y parvenir. Ils vont investir près de 3 milliards d’euros dans l’opération.

 

 

Qu’est-ce qui vous fait croire que cela va marcher ?

Ce changement de méthode change tout ! Lorsqu’ils achetaient les fréquences, les opérateurs avaient toute liberté pour développer leur réseau. L’État comptait sur leur bonne volonté pour l’aménagement du territoire, mais ils n’ont investi que dans les zones les plus rentables, les plus densément peuplées, délaissant les autres, ou les équipant à un rythme indécent. Désormais, nous ne leur accorderons les fréquences qu’à la condition qu’ils investissent massivement là où nous leur demandons de le faire. Cela sera contrôlé par le gendarme des télécoms (l’Arcep). Nous les réunirons tous les deux mois pour nous assurer du suivi précis des exécutions, avec publication de la carte des déploiements en cours.

 

 

Pour quels résultats ?

Nous allons rattraper 15 ans de retard en 3 ans, en finir avec les zones blanches, mais aussi déployer massivement la 4G et la couverture des axes routiers. C’est autant d’atouts qu’on redonne à nos territoires. Aujourd’hui, les territoires couverts par au moins un opérateur ne sont pas considérés comme étant en zone blanche, même lorsque la qualité de desserte est mauvaise. Pour moi, si vous devez monter sur la colline, lever le bras droit et la jambe gauche pour avoir une barre, vous êtes en zone blanche. On va donc améliorer la qualité de service. Le passage de la 2G à la 4G d’ici fin 2020, partout, va changer très concrètement le quotidien des Français.

 

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