C’est le plus grand chantier de France. 20 milliards d’euros d’investissement sur 10 ans et on manque de main d’oeuvre pour concrétiser cette promesse : proposer le très haut débit à tous les Français en 2022. L’objectif est ambitieux et les attentes, extrêmement fortes.

Chantier de déploiement de la fibre à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine
Chantier de déploiement de la fibre à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine © Radio France / Hélène Fily

Le Favril est une commune rurale, à 15 min de Chartres, une demie-heure de Dreux et deux heures de Paris. 39 hameaux, aucun commerce.  Ici, la mauvaise connexion internet a des conséquences très concrètes pour l’exploitation de la famille d’Anthony Bournisien. 

À chaque naissance de veau, une déclaration doit être faite, en ligne, dans les 48 heures. Faute de débit suffisant, l’agriculteur, en retard, écope de pénalités financières, jusqu’à 400 euros. Il attend l’arrivée de la fibre avec impatience. 

 

C’est justement la bataille du maire de la commune, John Billard. Les travaux de raccordement sont terminés sur une partie de la commune. La commercialisation commencera dans trois mois.  “Les opérateurs se sont réservées les zones denses, économiquement rentables. Pour que les citoyens des zones rurales puissent y avoir accès, les collectivités se sont organisées. 

La bataille, c’est par qui on commence. On a des cas ou une commune est complètement raccordée, et la commune juste à côté en l’est pas.”

À l’été, un tiers du travail était fait, 11 millions de foyers raccordables. Le chantier reste énorme et les attentes extrêmement fortes. Le haut ou le très haut débit est un enjeu de développement économique et d’attractivité. 

À la mairie de Boutigny-Prouais en Eure-et-Loir, quand de nouveaux habitants envisagent de venir s’installer, ils n’ont que cette question à la bouche selon la maire, Mireille Eloy : “on veut savoir si vous avez la fibre“.  Dans le village, les habitudes ont changé. Le télétravail s’est développé. 

L’internet ultra rapide est bien en marche, le paradoxe c’est qu’il manque de main d’oeuvre pour passer à la vitesse supérieure. Fin 2017, la filière comptait 12 000 salariés. Les professionnels estiment qu’il faudrait le double pour tenir le calendrier.