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Les abonnements à la fibre optique ne décollent pas

Les abonnements à la fibre optique ne décollent pas

Julien Lausson –    Le gendarme des télécoms publie son observatoire des communications électroniques pour le troisième trimestre. Il constate que les abonnements au très haut débit en fibre optique n’arrivent toujours pas à décoller.   « Le rythme des migrations vers la fibre optique jusqu’au domicile peine à décoller ». Tel est le constat qu’a fait jeudi le gendarme des télécoms au moment de la sortie de son observatoire des marchés des communications électroniques pour le troisième trimestre 2016. Les résultats, bien que provisoires, montrent que la progression des abonnements avec de la fibre reste très stable.

 

Il suffit de comparer les évolutions d’un trimestre à l’autre. En observant les chiffres donnés par l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes depuis le troisième trimestre 2015 — c’est-à-dire depuis un an –, on voit qu’il n’y a pas de ruée vers les abonnements Internet à très haut débit en fibre optique de bout en bout. On se situe en gros entre 160 et 170 000 nouveaux abonnements

 

Haut et très haut débit en France au troisième trimestre 2016.

 

Au troisième trimestre, l’Arcep comptabilisait au total 1,930 million d’abonnements Internet à très haut débit en fibre optique de bout en bout. C’est à peu près 165 000 de plus qu’au deuxième trimestre et, par rapport à la même période il y a an, la hausse s’élève à 52 % (on avait alors compté 1,271 million d’abonnements en FTTH, c’est-à-dire en fibre optique jusque chez l’abonné).

 

Il y a en réalité bien plus de foyers qui pourraient basculer dans le très haut débit. L’Arcep signale en effet que les abonnements effectifs ne représentent que 28 % du nombre total des logements qui sont éligibles à la fibre optique. Mais encore faudrait-il que les clients puissent le savoir et, le cas échéant, expriment l’envie de modifier leur abonnement. Vu les chiffres, ça ne semble pas tout à fait être le cas…

 

PLUS DE 5 MILLIONS D’ABONNEMENTS AU TRÈS HAUT DÉBIT

 

Plus globalement, le gendarme des télécoms souligne que le nombre d’abonnements à très haut débit (en incluant, outre le FTTH, les réseaux avec terminaison en câble coaxial ou encore cuivre VDSL2) a dépassé la barre des 5 millions d’accès à la fin du troisième trimestre 2016. C’est une hausse de 290 000 par rapport au deuxième trimestre et une progression de 1,2 million sur un an.

 

« Le nombre d’abonnements à très haut débit représente désormais un tiers du nombre total de logements éligibles au très haut débit, en croissance de 6 points en un an », note l’Arcep. Autrement, sur trois personnes ayant potentiellement accès au très haut débit, un seuil qui se déclenche à partir de 30 Mbit/s, une seule est effectivement abonnée. Bref, il y a encore du travail. Lire la suite...

Le très haut débit prêt à s’étendre dans les campagnes

Le très haut débit prêt à s’étendre dans les campagnes

ROMAIN GUEUGNEAULe 24/11 à 18:55

Déployer la fibre ne suffit pas, encore faut-il avoir les offres des grands opérateurs pour remplir les tuyaux.

Bouygues Telecom et Free vont investir dans les réseaux d’initiative publique. Un par un, les obstacles au plan de déploiement de la fibre optique tombent.

C’est l’un des grands chantiers numériques du quinquennat. Et il se trouve qu’il avance plutôt bien. Le plan France Très Haut Débit, financé par l’Etat, les collectivités locales et les opérateurs, qui a pour but de couvrir tout le territoire en fibre optique à horizon 2022, voit les obstacles se lever les uns après les autres.

De quoi réjouir les acteurs du secteur, réunis mercredi et jeudi au colloque de l’Avicca, l’association des villes et des collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel. « On est en train de gagner le match », s’enthousiasme Antoine Darodes, le patron de l’Agence du numérique, qui pilote ce plan à 20 milliards d’euros. Les bons points s’accumulent en effet.

Il y a quinze jours, Paris obtenait le feu vert de Bruxelles . Après deux ans et demi d’étude et de discussions, la Commission européenne concluait que le plan respectait bien les règles de l’UE en matière d’aides d’Etat. Un « ouf » de soulagement pour le gouvernement et Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat à l’Economie numérique.

Jeudi, ce sont les opérateurs télécoms eux-mêmes qui sont venus apporter les bonnes nouvelles. Lors du colloque, Bouygues Telecom et Free ont officialisé leur arrivée dans les RIP, ces « réseaux d’initiative publique » financés par l’Etat et les collectivités locales, qui permettent d’installer la fibre dans les zones les moins denses du territoire (43 % de la population), là où les grands « telcos » rechignent à investir, car la rentabilité est trop faible. Le problème, c’est que ces RIP sont généralement vides, faute d’offres des grands opérateurs à proposer aux habitants. Jusqu’à présent, seuls Orange et SFR travaillaient avec certains RIP.

Les planètes sont alignées

Bouygues Telecom vient donc de signer un contrat avec Axione, aussi filiale de Bouygues et l’un des principaux opérateurs d’infrastructures du pays avec 2 millions de prises contractualisées en FTTH (fibre jusqu’à l’intérieur du foyer). Mais d’autres contrats devraient suivre, et pas seulement avec cette société soeur. « Il y a une volonté très forte de l’entreprise d’être présent rapidement sur le plus grand nombre de territoires », commente Yves Legrand, directeur général adjoint de Bouygues Teleco.

En retard par rapport à ses concurrents, l’opérateur pousse les feux depuis deux ans dans le fixe. Il a d’abord cassé les prix dans l’ADSL, et tente maintenant de progresser dans la fibre  - le seuil des 100.000 clients a été franchi . « La moitié de nos investissements vont dans le fixe, et une part non négligeable dans la seule fibre », illustre Yves Legrand.

Pour Free, il n’y a encore rien de concret, mais « c’est une question de jours » avant qu’un contrat ne soit signé, avec Axione là encore. « On n’a jamais fait mystère du fait qu’on investirait dans les RIP, rappelle Maxime Lombardini, le directeur général de l’opérateur. L’engagement de Free dans la fibre est très fort, la pérennité de l’entreprise dépend de ces investissements. »

La conversion des deux opérateurs aux RIP est aussi une conséquence des récents aménagements apportés par l’Agence du numérique, avec l’instauration d’une nouvelle grille tarifaire pour les RIP, plus lisible, et la création d’une plate-forme commune permettant l’interopérabilité de leurs systèmes d’information.

« Il y a une véritable accélération des déploiements en fibre dans les territoires », s’est félicité Antoine Darodes. En 2016, deux millions de prises FTTH auront été construites, soit deux fois plus qu’en 2014. Et le rythme devrait s’accélérer pour atteindre les 3 millions en 2018. « Les planètes sont enfin alignées. Il y a une prise de conscience collective sur le fait que l’on doit avancer ensemble », estime Patrick Chaize, sénateur de l’Ain et président de l’Avicca.

@romaingueugneau

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