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La fibre optique sujet de tensions dans les régions françaises

La fibre optique sujet de tensions dans les régions françaises

Source : Le Figaro (lire l’article sur le Figaro)

Orange s’est emparé du sujet de la fibre. L’État espère que Bouygues Telecom, SFR et Free vont lui emboîter le pas.

C’est un sujet de satisfaction à Bercy, repris en cœur par le ministre de l’Économie Emmanuel Macron et par la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, à l’occasion de la troisième conférence annuelle du Plan France Très Haut Débit. Les objectifs fixés par François Hollande en 2013 dans le domaine du très haut débit fixe et mobile devraient être tenus, voire dépassés. Le président s’était engagé à ce que 50% de la population française ait un accès au très haut débit fixe d’ici à la fin 2017. Ce sera probablement le cas en fin 2016. En 2022, ce sera 100% de la population. Ce chantier représente 20 milliards d’investissement. Dans cette enveloppe 12 milliards sont supportés par les collectivités locales dans le cadre des réseaux d’initiative publique (RIP). L’État y contribue à hauteur de 2,5 milliards.

Mais le diable est dans les détails. Les consommateurs qui s’attendent à avoir la fibre chez eux du jour au lendemain risquent d’en être pour leurs frais. Il s’agit bien de très haut débit fixe, c’est-à-dire avec un débit supérieur à 30 mégabits par seconde. Cela comprend l’ADSL amélioré (VDSL 2), le câble, la fibre et dans certains cas, les connexions satellites ou via mobile 4G. Néanmoins, l’essentiel bien là: fournir à tous un accès Internet rapide.

Autre point de friction, l’engagement des opérateurs. Orange joue les bons élèves. À lui seul, l’opérateur historique a déployé 1,37 million de prises fibre l’année dernière, contre un peu plus de 100.000 pour SFR, qui a préféré mettre l’accent sur son réseau câble. Bouygues Telecom et Free sont encore à la traîne. «Ils commencent à s’y mettre, sous la pression de la concurrence», souffle un proche du dossier, qui veut croire à une accélération de leurs investissements.

Défaillance à Lille

Les opérateurs déploient leur propre réseau dans les zones denses et coinvestissent dans les zones moyennement denses. Dans les zones peu denses, les collectivités locales prennent le relais, dans le cadre de RIP. Quelque 87 projets couvrant 100 départements ont été déposés, pour des demandes de financement. Les travaux de déploiement ont commencé. Le pari sera de faire venir les grands opérateurs pour qu’ils y proposent leurs services. «Pour le moment, 20% des personnes ayant un accès à la fibre s’y sont abonnées, c’est le même taux que dans les zones denses», note un proche du dossier. Mais ce sont essentiellement des offres portées par de petits opérateurs locaux. L’État mise sur Free et Bouygues Telecom pour se positionner sur les réseaux des RIP et jouer les lièvres pour Orange et SFR qui, du coup, seraient obligés de suivre!

Patrick Chaize, sénateur de l’Ain, ne s’est pas privé d’égratigner les opérateurs. «Dans les zones moyennement denses, Orange a rendu raccordables 13,6% des prises, à ce rythme il faudra attendre 2029 pour parvenir à 100%. Pour SFR, c’est 6,8%… soit la totalité des prises raccordées en 2097.» Un premier constat de défaillance a été dressé sur la métropole de Lille, SFR ayant perdu le contrat. «Attention à l’image de SFR et même d’Altice aux Etats Unis», prévient Patrick Chaize.

Dans le mobile, la couverture des centres-bourgs en zone blanche, c’est-à-dire sans aucun réseau, est en cours. «Il reste 268 communes à équiper, la plus petite compte 11 habitants.» L’autre chantier porte sur 2200 zones d’activité industrielle ou d’intérêt touristique identifiées par les collectivités locales et qui vont passer dans les prochains mois de la 2G à la 3G. Sur une enveloppe de 30 millions d’euros, 14 millions ont déjà été engagés.

Le déploiement de la fibre en France va se traduire par plus de 20.000 embauches. Plus de 40.000 personnes vont être formées. La moitié travaille déjà dans le domaine et l’autre sera constituée de nouveaux recrutés. «Ces emplois ne sont pas délocalisables», se félicite Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numérique.

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